
On a beaucoup écrit sur Carlo Ginzburg et on écrira encore beaucoup sur la microhistoire qu’il a contribué à élaborer et à diffuser, sur l’extraordinaire diversité des thèmes et des problématiques qu’il a su aborder et maîtriser, bref, sur l’impressionnante richesse de ses recherches. Pour ma part, plutôt que de parler de quoi son travail était fait, je voudrais essayer de montrer ce que son travail nous a fait. Ce nous renvoie à des générations d’historiens et d’historiennes qui se sont nourries de ses livres à partir des années 1970, au moment de la publication du « Fromage et les vers. L’univers d’un meunier du XVIe siècle ». Mais ce « nous » renvoie aussi aux historiennes et aux historiens confrontés au temps présent.